Irlande #2 : de Glenariff à la Chaussée des géants

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Cap vers les habitants du nord, au pays de la livre et des miles per hour ; enfin, c’était du moins le programme en partant de Dublin, tôt le matin sous un ciel bleu magnifique. Après quelques péripéties automobiles et un garage ouvert le dimanche peuplé de mécanos charmants & serviables, c’est avec quelques heures en moins que nous attaquons le programme… sans avoir le temps de s’arrêter à Belfast, du coup. Partie remise.

Le but du jour est d’aller tâter la Chaussée des Géants, haut lieu touristique, puis de filer vers l’ouest et le Donegal. Ce n’est pas une étape où l’on pensait être surpris par les paysages, et pourtant…

Depuis Ballymena, en se dirigeant vers le village côtier de Glenariff, la route nous mène dans le Glenariff Forest Park. Une petite tâche verte sur la carte qui vaut le détour, tant les routes sinueuses dévalant les collines vers la vallée et la mer sont plaisantes. Entre plage de sable fin et épaisses murailles naturelles, c’est une jolie introduction aux paysages irlandais…

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Nous suivons religieusement la côte vers Torr Head ; il y a un vent furieux qui dégage les nuages. Certains virages donnent le vertige ; mais la vue vaut la légère sensation d’étourdissement. Il faut dire que passer le bonjour à l’Ecosse, qui étale ses côtes sous le ciel bleu, nous ramène à plein de chouettes souvenirs.

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J’avais envie de visiter le célèbre pont de singe suspendu de Carrick-a-Rede ; mais face à la horde de touristes, et l’obligation de payer son dû pour approcher du site – en bus ! -, je me suis dégonflée. Le vent puissant et la petite pluie soudaine n’aidaient pas, tant pis. Si vous avez l’occasion et qu’il n’y a pas trop de monde, je pense que s’y faire peur doit quand même être sympathique…

Le temps file à la même vitesse que le vent, nous approchons donc en fin d’après-midi vers l’entrée du site de la Chaussée des Géants. Le lieu est payant – £9 par personne – ce qui nous étonne un peu, même si nous étions prévenus. Pourtant, face au site impressionnant, à sa propreté et à la surveillance constante garantissant la sécurité des visiteurs et la préservation du lieu, plutôt étendu, il faut avouer que cela mérite son billet.

On voit beaucoup de photos des orgues basaltiques prises sous le même angle, dans la mer ; mais on trouve également des roches superbes un peu partout le long du parcours. La balade, si l’on prend son temps, fait 4km si l’on veut vraiment tout voir. Bien sûr, tout n’a pas le charme de ce petit îlot superbement sculpté sur lequel chacun veut sa photo souvenir, mais les cirques de falaises, les orgues basaltiques suspendus, les vagues furieuses battant les pointes… tout cela mérite qu’on y passe du temps.

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On s’y promène tranquillement, avec ce joli contre-jour de la fin de l’après-midi. Et on en montre pas davantage, pour que vous conserviez un peu de surprise si vos pas vous y mènent.

C’est certes un site touristique, fréquenté par des groupes de tous âges et de toutes nationalités, lieu incontournable donc payant et très organisé, mais… les paysages, eux, ne mentent pas.

Un petit bonjour en passant à Dunluce Castle – qui se visite, lui aussi – et il est temps de quitter la côte de la Giant’s Causeway pour reprendre la route vers Letterkenny, ville-étape de la soirée.

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Le Donegal nous ouvre ses portes, et demain, il va nous en mettre plein la vue.

 

Irlande #1 : merci Dublin !

L’Irlande & nous, et surtout, Dublin & nous, ça avait plutôt mal commencé, pour être honnête. Le ferry n’avait pas voulu nous laisser partir ; la route avait été pénible. Il pleuvait et on grelottait de froid et de fatigue ; on avait laissé le confort d’un hôtel hors de prix pour aller se chercher quelque chose à manger, et vu l’heure, on était pas tellement sûr de trouver quelque chose de correct. Plein de préjugés et franchement grognons, on est entré dans un bar qui paraissait propre, avenant, et bien achalandé – le 37 Dawson Street. Et soudain, tout a changé.

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D’abord parce que le bar est chouette, et qu’un bon feu crépite dès l’entrée. Ensuite parce qu’ils servent un brunch assez terrible jusqu’à 16h. Une bonne manière de comprendre que les irlandais n’ont rien à voir avec les anglais, et que Dublin malgré son côté grande ville de province, est une vraie capitale. On a mangé des œufs et du garlic bread, on s’est envoyé deux très bons cafés, et on a pu commencer à apprécier la décoration, l’atmosphère, et surtout les belles éclaircies que Dublin se décidait à nous offrir.

Les capitales, ce n’est pas trop notre tasse de thé. Les programmes de visite non plus. On s’est juste contenté d’apprécier la ville, de flâner, de jouer les touristes et de prendre tout ce qui nous plaisait en photo… à l’iPhone. Du coup ça ne rend pas grand chose, mais vous n’échapperez quand même pas à la soirée diapos.

Évidemment quand on voyage, on se demande toujours s’il faut sacrifier à la tradition du « il faut absolument que vous visitiez… » ou si on a le droit de faire l’impasse et de préférer quelque chose d’autre. Mais bon, on est quand même allé traîner nos guêtres du côté de Trinity College, et même sous le gris, c’est vrai que c’est plutôt joli. Non ok – ça envoie du petit bois. Par contre, comment les étudiants supportent-ils le flot incessant de visiteurs, c’est un grand mystère.

Non, on a pas fait la queue pour l’exposition dans la bibliothèque, par contre. Faudrait voir à pas déconner.

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Aller saluer la Liffey, est évidemment un passage obligé. Enfin, il parait – à vrai dire, il suffit de flâner vers les jolies choses pour que Dublin vous invite naturellement sur ses quais.

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Dublin a aussi un fort joli château, qui mériterait une visite avec un bon guide branché architecture. Enfin, moi, il m’a tapé dans l’œil, lui et ses fenêtres de toutes les époques, sa fausse symétrie et ses statues perchées veillant sur un camion de crêpes bretonnes à emporter (on est en sécurité nulle part, vous remarquerez…).

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Dublin aime le gris, l’ocre, le ciel plein de nuages, les arrières-cours faussement miteuses, les culs-de-sac, les artères résidentielles silencieuses, les parcs peuplés de drôles d’oiseaux en tous genres, à poils ou à plumes. C’est du moins ce que la ville a bien voulu nous laisser découvrir, et aimer, en quelques heures.

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Et les pubs, aussi.

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Goûter plein de bières, manger de très bonnes choses, flâner sans se faire bousculer, traîner avec des gens chouettes, se pourlécher les babines dans un japonais dublinois, devenir une haie dans une course à la beuverie, rentrer de nuit en suivant un canal, s’écrouler morts de fatigue dans un lit King Size qui fait à peu près la largeur de notre chambre à lui tout seul ; c’était tellement chouette, insoupçonné & complètement imprévu qu’on reviendra.

Merci & à bientôt, Dublin !